Brasserie Artisanale de Nice, du local d’abord

En plein cœur de ville, c’est l’une des dernières nées dans le département.

Olivier Cautain, artisan brasseurOpérationnelle depuis mai, la Brasserie Artisanale de Nice jouit déjà d’une belle renommée.
À sa tête, Olivier Cautain, formé à l’école hôtelière, a œuvré dans la restauration puis en qualité de majordome dans des villas sur la Côte. Amateur de bonne mousse, lui aussi s’était essayé à la fabrication maison.

Lors de ses nombreux voyages aux États-Unis, il a constaté l’essor des brasseries artisanales. À 40 ans, il s’est décidé à lancer sa propre affaire.

«J’ai toujours aimé le produit, la terre, la transformation. Et à Nice, il n’y avait pas encore de brasserie

Grâce à internet et à de nombreux livres glanés outre-Atlantique, il affine ses recettes. En novembre 2014, il suit une formation à l’IFBM (Institut Français des boissons de la Brasserie Malterie) à Nancy, puis créée sa société en mars 2015 et s’installe rue Villermont, à deux pas de la Libé.

Depuis trois mois, il produit la Zytha (le nom donné par les Grecs anciens à un breuvage proche de la bière). «L’idée, c’est de faire avec ce que l’on a : c’est une blonde aux pois chiches (de Fréjus ou d’Annot), qui amènent l’amidon, et aux graines du paradis, une épice d’Afrique de l’Ouest au fort goût d’agrume, un peu mentholée. Les graines du paradis étaient utilisées avant l’invention du houblon».

La Hopstock, elle, est une ambrée à base de houblon Cascade, «aromatique et pas amer».

La dernière née est bien sûr une blanche, la Blùna, aux écorces d’oranges bigarades du jardin (ou, au pire, de la lointaine… Tourrettes-sur-Loup) et aux graines de coriandre.

Des bières disponibles en format 33 ou 75cl, et bientôt en fût : le prix Rotary de la création d’entreprise, reçu en juin, devrait permettre à Olivier Cautain de s’équiper.

Distribution niçoise…

Son local de 100m² regroupe du matériel de qualité : trois cuves de fabrication (dont une faite sur mesure à La Trinité), autant pour la fermentation, une embouteilleuse et une étiqueteuse. Un gros investissement de départ – près de 100.000 euros -, un prêt d’honneur accordé par Initiative Nice Côte d’Azur pour ce bosseur qui, pour l’heure, travaille seul, et a déjà réussi à imposer ses bières dans quelques restaurants (Mt Kafe et Socca Tram dans le quartier…), des caves (dont la toute proche Brune Rousse Houblon), ou encore au Jam, derrière la piétonne. Une quinzaine de points de vente dans la capitale azuréenne, une base à étoffer pour Olivier Cautain : «ma priorité, c’est de me faire connaître sur Nice et de me constituer un bon réseau de distributeurs».